Grosse colère.

27012008

Je n’en reviens pas. Mais quel toupet ! Mais quelle honte ! Mais quel bordel ! Me faire çà, à moi, hier soir, alors que tout était réuni pour faire une grosse fête. Potes en main, nanas en main, flûtes remplies de Roderer. J’en suis sur le cul, affalé sur mon club couleur daim (acheté la semaine dernière chez Ligne Roset, 1800 EUR le Club, série 2008). Je vais péter mon scandale, dans la cuisine, toute neuve, sur mesure, réalisée par un artisan du coin, un ébéniste, aux doigts de fée. Elle n’est pas encore arrivée, la cuisine. C’est virtuel mon evironnement culinaire pour l’instant, genre Second Life. Mais ça va venir. Patience, Lecteur.

Donc, la gonzesse m’a ejecté du V.I.P. Sans façon, sans crier gare. Dehors, elle m’a foutu dehors, enfin ces deux physios, pas elle. Manu militari, en latin dans le texte. Out, basta, du vent, dehors. Moi et mes mocassins Gucci, battant la mesure sur le pavé mouillé d’une nuit froide à Paris. Giclé, éjecté, en trente secondes, chrono en main. J’ai même pas eu le temps de finir le William Lawson. Les glaçons ont fondu sans moi, dans la boîte, qui n’est plus enfumée. La salope, elle a fondu sur moi, comme un vieux rapace au cou pelé, glaciale, les yeux revolver et d’une voix sentencieuse, arbitrale a donné l’ordre aux deux gros de me jeter. TOUT ça pourquoi ? Un incident mineur, une broutille de club, un mauvais geste certes. Mais franchement, quand on a du fric, on peut se permettre des caprices. Je l’ai lu, moi, mille fois dans Gala. C’est raconté, c’est mis en scène, c’est photographié. Alors, moi aussi, j’ai voulu faire ma Britney S. Quand je me suis levé, droit comme un I, flanchant un peu sur la gauche, titubant malgré moi sur la droite. Allant au bar, couvert de néons et de sucettes Chupa Chups. Le tempo de David Vendetta battait la résonnance dans mes oreilles. Yo, là, sous le regard incrédule de la serveuse, j’ai sorti mon sexe et je me suis à pisser sans vergogne. Sur le tapis, sur le bar, sur mes mocassins. Un jet puissant, chargé, rigolo même, si on se place du côté balistique. Mais bon, je pissais pas au bon endroit. Ca a dû les énerver.

Comme ils disaient dans une vieille pub des années 80, un verre, ça va, trois verres, bonjour les dégâts. Mais, enfin merde, on est client, on est roi. On a le droit de se tromper, on est humain. Total, ce matin, j’ai la gueule de bois, l’amertume au fond de la bouche et j’ai envie de rien. La fortune nouvelle, amassé au fond de ma poche, me donne pas le tournis, c’est certain. Je vais vérifier sur Internet s’ils m’ont débité les six cents Euros que j’ai lâchés hier, dans ce trou à musique. Parce qu’à mon avis, ça, ils l’ont pas ejecté de leur comptabilité.




L’ennui prime.

19012008

Pas facile d’écrire d’ici. Le point Internet n’est pas  en forme. Le réseau déraille. Je compte les jours.

Au début, je pensais m’amuser. Ca pétillait, ça fleurait la fête, ça faisait sauter des bouteilles de Champomy au degré d’alcool. Ca dansait le soir sur la petite estrade, les guirlandes lumineuses clignotaient comme des sapins à Noël. Un oasis de fête, cet hôtel. Tout ça, pile poil, en hiver, plein cliché,  conforme à la pub du tour operator, quand tous les autres se ruent dans le métro, le matin de brume, à la conquête de leurs salaires. Rien à dire, rien à signaler. RAS. Mais, malgré le glamour, le chic et le public haut de gamme, faut reconnaître, Lecteur, que je m’emmerde dans le coin. Ca dérange, ce sentiment. Je vis comme une pointe d’ennui, dans une cage aux barreaux dorés. J’ai envoyé deux, trois carte hier, à deux, trois potes, ça m’a occupé l’après-midi. Surtout pour l’affranchissement. C’est compliqué de se procurer deux timbres en République dominicaine, quand on est touriste. De toute manière, à la base, je suis pas aidé, un peu gauche, un peu malhabile. Je maîtrise mal les langues étrangères. Ce n’est pas l’argent que je viens de ramasser qui va regonfler mes qualités intrinsèques.

Donc, concrètement, je compte les jours. Je veux revenir à Paris. Je veux revoir ma Normandie. Je veux retrouver le vent de folie qui souffle sur notre vieille France.

Je compte les jours et ça passe pas vite. Je coche des cases dans la grille du Sudoku que je n’ai pas fini. Qui veut me rejoindre au paradis des plages aux couleur de brioche ? Allez, un effort, c’est moi qui régale.




Coucou du soleil…

17012008

Que c’est con, cette accroche. Coucou du soleil ! J’aurai dû mettre une virgule. Coucou, du soleil ! C’est mieux non ? Ca prend un autre sens. Bon, bref, tu l’as compris Hannibal Lecteur, je suis parti dans les îles. Les îles vierges, au sable blanc, aux vagues mousseuses qui viennent lécher la pointe de tes pieds. Poussant de doux soupirs d’écume, comme une femme amoureuse au premier jour. Radieux donc, qu’il est le gagnant. Vacances méritées après l’effort, les tumultes, le stress. No stress, disait mon psy. C’est pas facile pourtant. Crois-moi. Il a fallu que le je tienne serré, ce Bic, poing fermé, veines bleuies sous la pression, afin de cocher les petites cases qui allaient sceller mon destin. Vision épanouie de ce moment, où, seul dans le petit bureau, à la moquette framboise, agenouillé face au Destin, dans la position du Croyant, mains jointes, doigts croisés, coeur palpitant, front tendu vers Lui. Je prie le néant, le vide. Satan.. Ca rime à rien, je me suis dit. Mais voilà, je suis là, maintenant à Punta Cana. Faut-il encoyre y croire ? j’ai débarqué dans la ville paradisiaque de Punta Cana, voilà deux jours. Là, je sirote mon daiquiri pêche au bord de la piscine. C’est un bel hôtel, avec spa, tennis, stretch and fitness, massages hydro-gommants, luxe savant et discret, serveurs bronzés et de l’allant. Dans le hall, un piano noir, à queue, trône. Le soir, il revit, une jolie chanteuse, aux bouclettes safran, vient jouer des airs de bossa. Les notes noires et ivoires s’envolent au-delà des palmiers de la plage à deux pas. La bouffe est bonne, j’empile les crustacés au fond de mon estomac. Je fais des petites folies, aussi. Je ne veux pas me remarquer. Donc, je me limite au domaine du raisonnable. Pas plus de 500 Euros par jour. Le hic, dans le coin, de l’hôtel au spa, de ma chambre à la plage privée, les occasions de claquer la thune ne sont pas légion. J’ai bien essayé de m’aventurer hors de la ligne de séparation, l’espèce de barrière barbelée que garde jour et nuit, les gorilles de l’hôtel. ils sont au nombre de quinze, j’ai reperé leur manège. Mais les « men in black » m’ont gentillement et fermement repoussé vers la cour de récréation. C’est systématique.
- You don’t go this way, Sir. It’s dangerous out there.

-Okay, okayee I understand. I am not sourd.

Deux, trois tentatives, tentée par la tentation d’arpenter le bitume de l’autre côté, dans la ville, vivre la chaleur locale, reluquer les filles aux couleur du miel et du soleil. Mais, c’est impossible. Carrément impossible. Damned !

Donc, je me carre tous les soirs au bar du Sirenis tropical, à jouer au Rami avec un vieux Monsieur en costume blanc. On se boit des Scotch et des Bourbons, le papy et moi, et on finit par se coucher, bourrés. Tu veux que je te dise un truc, hier, j’ai vomi dans le spa.




Il est quelle heure ?

13012008

Premiers pas dans le luxe hier. Je me suis lâché. Place Vendôme, Paris, 2008.

C’est mon banquier qui a pris. Lui, l’homme court sur pattes, grisonnant dans son complet gris, tête de banquier à rouflaquettes. Il m’a appelé et, pour une fois, la seule fois, en quinze ans, a usé avec moi, d’une voix ronronnante. Comme si je venais de lui fourguer sous le museau, une pâtée quatre étoiles de chez RONRON. Il m’a appelé à dix heures ou dix heures trente, je ne sais plus, j’avais pas encore acheté ma Breitling. J’étais au volant, je me suis rangé aimablement sur la voie d’urgence et je l’ai écouté.

- »Monsieur L, je peux vous déranger deux minutes ?

-Bonjour », que j’ai fait d’une voix sirupeuse. Je crois qu’on entendait mon sourire au téléphone.

Et à partir de là, il s’est lâché le matou. PER, plan épargne aux Bahamas, contrat d’assurance-vie, assurance fantôme à Bélize, placements obligataires, investissements pourris sur Hong Kong et les Caimans… Je n’avais plus qu’à faire mon choix. Un vrai catalogue la Redoute des produits financiers, ce banquier, avec son code éthique moral, politiquement correct, que j’adore. Parachevez l’ordre de la création bancaire Monseigneur, bénissez Saint-Monnaie qui sait entreprendre.

Le banquier nouveau, sorte de grand fauve africain, félin musclé au coeur du bush, corps noueux, peau ébène, soyeuse, souple, la peau écumant de sueur, a tourné autour de sa proie, sûr de son geste, sûr de sa patte. Le bon geste, zzoing zzoing scratch, comme ils onomatopètent dans une pub à la télé en ce moment. L’athlète de la jungle s’est senti fort, puissant, habile, serein, observant la mignonette avec une délectation non feinte, pensant dans un rugissement interne de plaisir au festin qu’il allait se placer sous le croc. La vie s’est arrêtée, de grands oiseaux noirs ont tourné dans le ciel. Le soleil rougissait au large, sur la ligne de l’horizon.
Euh, elle est peut-être survitaminée, la potion RONRON ? Ca fait de l’effet au banquier, cette affaire. Hyper motivé, le garçon de banque. Je l’avais jamais vu en coureur de fond, en quinze ans de relation, cliché vivant du pentathon olympique. Je fus, comme qui dirait, stupéfait.  Il me rendait si triste quand je le voyais, le soir, quitter l’agence dans sa Punto Diesel orange, à airbag asymétrique. Mais là, quel bonheur ! Quel engagement, quelle force ! Je n’ai pas boudé mon plaisir. Je l’ai écouté, normal, j’ai raccroché normal.

- Monsieur JF, je vous rappelle hein ? Votre proposition est plus qu’alléchante.

Sur ce, je suis allé régler Breitling. Parce qu’il faut bien commencer à rentrer dans la peau du mec qui du pognon à plus savoir qu’en foutre. L’heure, c’est l’heure.




Je l’ai, je l’ai, je l’ai

8012008

Je l’ai, je l’ai, je l’ai, je l’ai mis dans ma poche. Bien au chaud, au fond de mon pantalon. Là, coincé entre un gant et un mouchoir qui pue. M’en fous. J’ai le sourire. Je suis heureux, le plus heureux des papes. Je reviens de Paris, dans mon petit train, Mantes la Jolie défile, Evreux défile, Pont-Audemer défile, Lisieux défile et me voilà a Deauville, ma terre. Heureux à la gare, heureux sous ma casquette, heureux dans mon fute, heureux dans mes Nike.

Ben oui, Lecteur, j’ai le chèque, là, tout raide, au fond de ma poche. Ils me l’ont remis hier à Paris. En grande pompe, madame, rue de je-ne sais-plus, dans le salon très privé, d’un hôtel très particulier, avec des gens très différents. Cérémonie aux petits oignons, gagnant aux petits soins, traiteur de chez Fauchon, le foie gras était trop gras, je m’en léchais le bout des ongles. Mais finalement, ma belle, faut souffrir pour être belle. Donc, j’ai attendu, patient, innocent, immobile, calme, sage, cheveux plaqués sur les temps, sans oser sortir l’index pour me le fourrer dans le nez. Et quand mon tour est apparu, ah grandiose éliquiscence, la sono a pété un truc du feu de Dieu, un jingle de fou, les spots ont tourné à la vitesse de l’éclair et les jupes se sont tendues droites au-dessus des bottes. J’étais au centre de la piste, comme l’ecuyère de Seurat. Sauf que je portais ni flonflon, ni chausson. Ah, heureux, l’Ulysse, qui se vit remettre le bonus sous les feux de la rampe. Je te jure, Lecteur, j’y étais et j’y étais à fond. Le palpitant a quarante mille et les dents qui tournicotaient toutes seules sous la langue. J’ai pensé à Maman, Papa, et à tous les autres. Ceux que je connais, ceux que je ne connais pas encore. Et puis, ils m’ont remis le chèque, à moi, entre mes doigts tout boudinés. Sincèrement, quelle émotion, en direct, devant la caméra une, la deux me glissant sur la nuque, la trois balayant le plateau.

« - C’est pour les archives, monsieur L. Ca va pas passer à la télé soyez rassuré.

-Il est pas en bois, hein ? » que j’ai fait avec un air débile.

Parce qu’il faut être débile pour être là. Bien sûr que je suis rassuré. Voilà que je m’offre un avenir grandiose. Maintenant, c’est parti,le grand show. Je suis riche, à ne plus qu’à savoir en foutre. On va vraiment bien se marrer.




Dimanche tue-l’ennui

5012008

Après toutes ces épreuves, ce stress, ces crises d’angoisse et l’énervement qui va avec, je me calme. Le début a été cacophonique.

Hier soir, je suis allé au casino, histoire de me projeter un peu dans ce qui va être un peu le rôle de ma vie, bientôt. Oh, bien sûr, j’y suis allé incognito. Inconnu même, parce que même la minette qui fait l’accueil et qui m’a adressé un sourire commercial ne savait pas qu’elle avait en face d’elle LE gagnant. La star du journal local. Si je décide de me faire connaître, bien sûr. Pour l’heure, je savoure ma victoire dans l’ombre, mèche collée sur le front, les yeux pétillants de convoitise. Je regarde des catalogues sur Internet, je fais défiler des pages d’objets, dont les formes, les contours, les looks, les designs font fondre en moi comme des envies de luxe. J’hésite déjà entre la Ferrari et le Hummer. Les deux sont pratiques quand même, je me demande si je prendrai pas un modèle de chaque finalement. Qui aime bien, achète bien, c’est çà, je crois, la maxime latine, hein ? En tout cas, je vais me payer le droit de polluer, comme les Américains. Moi aussi, je veux me vautrer dans de grosses cylindrées, maintenant que j’en ai les moyens. Donc Ferrari, Hummer, Hummer, Ferrari, choix crucial, certes, mais c’est çà le vrai plaisir. Pour les courses, celles que je ne ferai plus jamais à Leader Price, je m’achèterai une Porsche.

Demain, c’est dimanche, un dimanche tue-l’ennui. Grâce à mes catalogues. Ah, it’s good to be the king, Lecteur. Tu sais, toi et moi, on va s’en payer une bonne tranche.




Cà fait faux-bond dans l’histoire…

4012008

Ca y est, c’est arrivé par la Poste ce matin. Dans une enveloppe toute blanche, gauffrée, au parfum suave.Hummm, note finale, une touche de blanc dans un océan de pubs bariolées, tout ça au fond de ma boîte.

J’ai jeté les Lidl, Aldi, MaxiCash et King Promo dans un sac tout noir, tout vilain, tout laid, tout frippé, pour m’emparer prestement de la blanche albâtre enveloppe signée par la Française des Jeux, mon courrier, le courrier à moi, rien que mon courrier. Je plonge dans un bonheur sans fin, balloté par des vaguelettes crênelées en trompe-l’oeil, qui me bercent de chants suaves. Je suis un guerrier barbare à rebrousse poils, vêtu d’une peau de chameau, et déjà, après quelques milles dans le désert, j’entrevois l’oasis de ses charmes. Ma princesse aux mille nuits, emmaillotée dans des chatoyants tissus mordorés. L’éclat du satin lui va bien. il se reflète sur la crosse de mon coutelas, et hop, me voilà aux prises avec ma mie. Son baiser est de miel, ses lèvre de sucre, son sourire en pain d’épice et le bout de tes tétons me rappelle l’âge tendre, quand , je prenais mon pied gamin, à sucer les fraises tagada de mon enfance.

Aux pieds de ma bien aimée. Que-dis-je ? Princesse aux mille nuits ou mille princesses d’une nuit. Je suis riche maintenant, je peux m’offrir un harem. La cour va retentir du son bruyant de mes orgies oriflammesques. Sonnez haut, troupeaux de cors, le son de l’Eternel, celui qui voit du Dessus, et qui a ordonné, de me nommer Roi, votre nouveau roi.

Je vérifie prestement mes poches, non, il n’y a rien. Tout ce délire aurait pû être généré par une quelconque prise de substances narcotiques illicites. Mais, non je confirme, c’est bien l’effluve rondelette de l’enveloppe immaculée qui me donne des envies de sauter de joie. Ah, les organisateurs des jeux d’argent ont du talent. Les larmes m’en mouillent les joues. Je tiens mon enveloppe dans la main droite, et main gauche, tel Zorro, je signe d’un coup ciselé, l’ouverture de la présente.

Oh, bah.. déception non feinte. il tombe de la diten un billet tout brillant certes, mais qui n’est ni plus ni moins, qu’une invitation à me rendre à Paris par le premier train de la première heure de la première journée du premier mois qui suit celui-là. Et, horreur, damnation, Lecteur, ces enfoirés ne m’ont même pas mis de billet. Je suis dans la panade, faut que je coure à la gare pour aller me chercher mon billet moi-même..

Non, mais… tu parles d’une turpitude.




Encore une journée à attendre

3012008

Je n’ai rien posté hier. Non pas que l’envie me taraudait, mais parce qu’une gastro sérieuse m’a cloué au lit. Tu parles d’une aventure ! Minable, j’étais, minable je fus. Un gagnant alité, blanc de pâleur, au teint maladif et saumâtre. J’ai croisé les doigts pour qu’on me foute la paix ! Et figure toi, Lecteur, c’est ce qui est arrivé. Il y a un dieu pour les grippés. Personne n’est venu cogner à ma porte. Personne n’a fait sonner mon portable. Ravi, j’étais, blanc frissonnant, au fond de ma couette. En plus, j’ai du bol sévère, dans mon malheur. Tu imagines qu’hier eût été le jour de la remise du chèque. Moi, sous les feux de la rampe, en smoking noir, fond tapis rouge, les cheveux plaqués gominés, la cravate nouée, ajustée, « pom-poudré ».

Et puis, moi encore, au milieu de tout ça, jambles flagellantes, chauffé par les projecteurs qui me ratatouillent la bouille, suant des pieds, des mains, des coudes, malade à en crever, avec des tressaillements dans le bidon et une envie flagornante d’aller au bidet. Je compte sur mes doigts, je compte les secondes, bordel, quand est-ce qu’ils vont lâcher le chèque ? j’encaisse la monnaie fissa et je me finis, soulagé, vidé, sur les toilettes mode trône de la direction de TF1. Mais rien ne se passe comme ça, l’autre gros, au costume en alpaga de chez Cardin, la vedette, continue ses louanges, son homélie miséricordieuse sur la beauté du jeu de hasard, les tournants de la vie (c’est la mienne, pas la tienne ducon), tandis que la gonzesse à la mini-jupe se tortille à ses côtés.

Alors, je m’effondre, je fonds sur moi, je me liquéfie, je trempe mon fond de fute, je fais le lâcher des eaux. Horreur, mystification, mon regard éploré se tourne vers le présentateur télé, tandis que mes mains, menues et tenues se nouent vers sa face rougeaude, implorant le pardon de Saint Cathodique. Mais le tour est joué, le jeu est pipé, la dinde est cuite. Je viens de ruiner en un fragment de secondes, à la fois son show télé et l’arrière de mon pantalon. Désolation, damned !

Je me suis réveillé en sueur, tout à l’heure, j’ai cru que tout ça était arrivé.Mais non héhé, pépère, je tiens mon ticket tout froissé dans ma main gauche, et mon doigt dans le nez, je sirote le plaisir du monde nouveau qui m’attend. Ah, je vais me lâcher et pas de la manière d’un gastropode, je te le dis, l’Ami. Mais, faisons preuve de patience toi et moi, moi pour claquer la thune qui m’attend. Toi, pour me lire ici, racontant mes ébats.




Et c’est parti !

1012008

Je suis anxieux, moins ému. On a passé le cap en famille. On s’est bisé à minuit, sous le buis. 9a sentait le sanglier dans les fourrés. Il y en avait du cochon au repas, aussi, qui baignait dans une sauce aux truffes.

C’est la dernière fois que je fais une fête avec aussi peu de glamour. Maintenant que tu sais Lecteur, ce que je sais, tu penses bien que je ne vais pas me cantonner à fêter les nouvelles années dans des trous normands. J’ai des projets plein la tête pour l’an prochain. Maldives, Punta Cana, Valparaiso, Montréal en Noël Blanc. Je ne sais même pas quoi choisir, j’ai envie de tout faire. Une chose est sûre, ça sera pas une fête, cette affaire, ça sera une bombe, un dépassement du mur du son, une orgie de sons et de lumières.

Putain, j’en tremble à l’avance. Je pense que je vais faire une répétition de tout ça au Nouvel An chinois. On va fêter ça en février a Shanghai, pas porte d’Italie. C’est l’année du rat là-bas, il parait que ça porte bonheur. Chez les Chinois, toutes les années sont à porte-bonheur, mais celle qui vient de se terminer était en plus, à porte-pognon. C’était l’année du Cochon, la grosse mascotte fendue, dans laquelle tu jettes ton argent quand tu es môme.Et bien, le cochon qui brille, c’est moi maintenant. D’après ce que j’ai gagné, j’ai vérifié le ticket gagnant ce matin en me levant je suis gras comme un lard. Donc Shanghai en février, just for fun, comme disent nos copains obèses du New Jersey. Just me, myself and I. Parce que je sens gros comme une maison, qu’il y a bien un ou deux potes de Paris ou d’ailleurs, qui vont avoir la même idée. Celle que je leur paie un billet.

-Avec tout ce que tu as gagné, Charly !

Je vais reconsidérer certainement la chose. Il faut peut-être que j’en parle à mon psy.




Y’en a qu’ont de la chance…

31122007

Je suis intimidé. Vachement intimidé. Oui, c’est vrai. Devant une page blanche, t’es toujours timide. Faut démarrer. Faut pas se louper. Jeter deux mots, trois mots, ordonner sa pensée. Trouver l’axe, le style, la forme. Et puis tout s’enchaîne. Se déchaîne. Enfin, ça part. Ca décolle. Ensuite, ça s’arrête plus. Ca secoue, ça vrombit, ça pulse. Ca se bouscule. Ca s’entremêle, ça se coince, puis ça redémarre. Vroum, vroum, comme dans une vieille pub pour Citroën. Bon allez, je vous raconte tout. Ca sert pas à grand chose de faire durer le suspens. Je viens de gagner au Loto. Si, si. C’est vrai. Enfin au Loto, c’est pour simplifier les images. En fait, c’est à EuroMillions. Mais, dans l’imagerie populaire, on dit « j’ai gagné au Loto, tu as gagné au Loto, il a gagné au Loto,.. » Et pas le truc auquel on joue entre générations, dans une salle des fêtes le dimanche après-midi. Non, non. Le vrai, l’officiel, celui de la FDJ. EuroMillions, le jeu qui bouscule des millions, le paradis sur Terre pour millionnaires fauchés. Et ben, moi, j’ai empoché la mise, le jackpot. J’ai fait flambé la banque. Vrai de vrai, même qu’ils ont tous applaudi à la remise du chèque. Les yeux mouillés, émus. Il y en avait une, elle chialait presque derrière ses Wayfarer. Pas mal foutue, la représentante de FDJ, je dois dire. Ca s’est passé quand, Lecteur ? Et bien, ça s’est passé la semaine dernière, pendant que je faisais le tour d’Allemagne. J’avais pris mon abonnement pépère, sans trop y croire, avant les vacances, le break de l’inter saison, comme on dit au foot. J’avais pris l’abonnement 6 semaines, par dépit, la formule pack, 2 étoiles et le numéro Joker en bonus, comme on prend sans vraiment y croire un régime chez Weight Watchers, ou le coupon-réponse dans Télé Poche, d’un organisme qui vous rachète tous vos crédits pour rien. J’avais payé tout ça, sans regret, sans y croire, comme un truc que tu fais mécaniquement depuis que tu es gosse. Tu te sens un peu paumé quand tu sors du bar-tabac. T’as l’impression d’avoir un peu changé ta vie. Court instant de folie, l’étincelle d’un espoir. Puis, plus rien, la routine te rattrape. J’avais même laissé tomber le ticket sur le trottoir. Tu peux y croire, Lecteur. Le ticket gagnant, baignant dans une flaque de pluie !

Donc, j’ai gagné, c’est un SMS qui me l’a dit. Annoncé en gros, avec des fleurs qui scintillaient. Il m’a même dit à la fin « si vous n’êtes pas le destinataire de ce message, merci de nous le faire savoir et de détruire cette correspondance. » J’ai rigolé, là, tout seul dans le noir. Ca serait pas moi le destinataire ? Faut pas rêver, je prends tout, je veux tout. Je laisse rien, cette fois-ci
Ben voilà, j’ai gagné. Le pactole. Ok, pas le gros le mega gros, celui dont on dit qu’on l’a vu à la télé. Mais quand même, il y a des zéros qui s’alignent. Et tout ça en Euro, pas en Dollar, pas en Yuan, pas en Dirham. En Euro, garçon. En piècettes bicolores qui valent un fric fou sur la scène internationales maintenant. Monnaie sonnante, trébuchante, comme dans tes rêves. Donc, concrètement, à l’heure ou tu lis ces lignes, moi, je suis riche. Je suis devenu riche plus exactement. Blindé jusqu’à ce que le monde s’écroule ou que la Terre se fende. Sans souci, sans histoire. Alors, si tu es fidèle à ce blog, tu vas tout tout savoir. Parce que je vais tout te dire. Je vais tout de détailler, te raconter ce qui va se produire dans les prochaines heures, les prochains jours, les prochaines semaines. La chronique annoncée extraordinaire de la chute d’un mec ordinaire qui va foirer sa vie, en claquant un pognon extrême. tu la tiens entre tes mains, Lecteur, un moment historique, un monument du gâchis. La crème de l’exubérance et la fleur de l’âme humaine, cupide, jamais rassasiée. tu vas prendre ta rasade de plaisir, parce que tu vas comprendre avec étonnement, puis avec ravissement que nous sommes tous des salauds. Malgré nos airs politiquement corrects. Je vais en faire la démonstration. CQFD.

Prêt au plongeon ? Alors, viens. Demain, après-demain, un peu tous les jours. Et tu sauras, comment j’ai claqué autant de thune en aussi peu de temps. C’est vraiment dégueulasse. Mais, surtout, je fais un appel à contribution. C’est pas humain d’avoir autant de pognon à dépenser. Il va falloir que tu m’aides. Trouve-moi des idées car je sens que je vais être à court. Allez, je t’embrasse, passe un bon réveillon, aguise tes idées, sois original. Demain, c’est le grand jour, le D-Day comme ils disaient en 44. Que ceux qui sont sur la paille lèvent le doigt.

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